Budget 2026 : accélération de l’érosion du littoral et colère des élus face à l’abandon des solutions de financement
- 8 févr.
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L’une des mesures qui ont disparu de la version finale du Budget 2026 — définitivement adoptée le 2 février — est l’amendement défendu par la députée Sophie Panonacle. Celui-ci visait à mettre en place un dispositif permettant de financer l’adaptation des communes exposées à l’érosion du littoral. Les associations d’élus tirent désormais la sonnette d’alarme et s’inquiètent de l’absence de mécanismes pérennes pour accompagner les territoires touchés.
Des événements spectaculaires qui illustrent l’urgence
L’hiver 2025-2026 a été marqué par plusieurs épisodes météorologiques intenses. Dans la nuit du 31 janvier, à Biscarrosse (Landes), une portion d’environ cinquante mètres de dune située en bord de mer s’est brutalement affaissée. Tempête hivernale, marées à forts coefficients et précipitations abondantes ont conjointement provoqué cet effondrement, entraînant dans sa chute la promenade littorale attenante.
Cet événement, impressionnant par son ampleur, n’est cependant pas isolé. Sur l’ensemble du littoral français, les communes sont confrontées à un recul de plus en plus rapide du trait de côte. Début janvier, un blockhaus s’est déplacé d’une vingtaine de mètres jusqu’au rivage à Lège-Cap-Ferret (Gironde). À Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime), une route a dû être fermée pour des raisons de sécurité.
L’érosion côtière au centre des préoccupations nationales
Ces problématiques ont été au cœur de la séance plénière du Comité national du trait de côte (CNTC), organisée le 4 février au sein des ministères chargés de l’Écologie, des Territoires, des Transports, de la Ville et du Logement. Cette instance réunit 56 membres représentant l’État, les collectivités littorales, les experts, les associations et les acteurs socio-professionnels.
En ouvrant la séance, Sophie Panonacle — présidente du CNTC — a rappelé que les communes du littoral subissent, cet hiver encore, une succession d’événements météorologiques extrêmes qui accélèrent la dégradation des côtes. Elle a également souligné que le coût de l’inaction ne cesse d’augmenter, et a réaffirmé sa détermination à défendre les enjeux sociaux, économiques et environnementaux des régions côtières, métropolitaines comme ultramarines.
Les élus privés des outils financiers qu’ils attendaient
L’objectif de la réunion était aussi de mesurer les conséquences de la suppression, dans le Budget 2026, des dispositifs destinés à financer les stratégies d’adaptation des territoires touchés par l’érosion.Pourtant, en octobre 2025, un amendement prévoyant une taxe de 1 % sur le chiffre d’affaires des plateformes de locations touristiques de courte durée avait été adopté en commission des finances, puis validé en séance publique. Cette taxe devait alimenter des projets d’acquisition foncière, de relocalisation d’habitations, de protection ou encore de renaturation.
Selon la députée, l’intention était claire : répondre à l’inquiétude des maires et des habitants sans accroître la dette publique, en mobilisant des sources nouvelles de financement spécifiquement dédiées aux communes littorales.
Pour élaborer ces propositions transpartisanes, Sophie Panonacle s’était appuyée sur les travaux du CNTC, du Conseil national de la mer et des littoraux (CNML) ainsi que sur un rapport prospectif du Cerema évaluant les effets du recul du trait de côte à court, moyen et long terme.
Plusieurs mécanismes avaient été envisagés :
une taxe affectée au Fonds Érosion Côtière (FEC) via les plateformes de locations touristiques ;
une contribution nationale via une taxe additionnelle de 0,01 % sur les droits de mutation (DMTO) ;
l’utilisation d’une fraction de la taxe Gemapi, un temps considérée puis écartée.



