Société générale vient d’officialiser un important changement dans sa politique interne en matière de télétravail. Le groupe bancaire, qui avait déjà amorcé une réflexion sur l’organisation du travail à distance au cours de l’année 2025, a désormais arrêté une nouvelle charte qui marque un tournant : le recours au télétravail sera nettement restreint pour la majorité de ses salariés. Malgré cela, les collaborateurs de la branche assurances restent pour l’instant protégés de cette évolution, grâce à un accord spécifique qui continue de s’appliquer.
Une charte dévoilée lors du CSEC du 14 janvier
La nouvelle politique a été présentée officiellement lors du Comité social et économique central (CSEC) du 14 janvier. Ce document remplace l’accord précédent dénoncé unilatéralement par la direction en juin. L’annonce met fin à plusieurs mois d’incertitudes, mais elle confirme également une orientation claire : le télétravail, qui s’était largement démocratisé depuis la crise sanitaire, va être limité.
Jusqu’ici, la plupart des salariés du groupe pouvaient télétravailler en moyenne deux jours par semaine. À l’avenir, un seul jour par semaine sera autorisé. Pour de nombreux employés, il s’agit d’un recul significatif. La décision avait d'ailleurs généré en septembre dernier un mouvement de protestation, avec une mobilisation syndicale au pied des tours de La Défense, symbole du siège du groupe.
La branche assurances maintient pour l’instant son propre accord
Toutefois, ce changement n’affectera pas immédiatement Société générale Assurances, l’entité qui regroupe l’ensemble des activités d’assurance du groupe, tant en France qu’à l’international.En effet, cette structure bénéficie d’un accord sur le télétravail signé en juillet 2024, conclu pour une durée fixe de quatre ans.
Selon une source interne, la direction ne peut pas revenir unilatéralement sur cet accord, qui reste applicable jusqu’à son terme. Ainsi, les salariés de cette branche conservent la possibilité de télétravailler entre un et trois jours par semaine, une organisation jugée plus souple et mieux adaptée aux métiers de l’assurance, souvent plus propices au travail à distance.
Cette période de stabilité devrait durer jusqu’au 30 juin 2028, date à laquelle l’accord arrivera à échéance. À ce moment-là, il est probable que de nouvelles modalités soient discutées pour aligner l’organisation de l’assurance avec la politique globale du groupe. Une source interne indique déjà qu’un retour à un maximum d’un jour de télétravail par semaine est envisagé, même si aucun dispositif concret n’a encore été défini.
Un calendrier d’application encore incertain pour le reste du groupe
Pour l’ensemble des autres entités de Société générale, la nouvelle charte ne sera pas mise en œuvre immédiatement. Faute d’accord trouvé avec les organisations syndicales, l’entrée en vigueur est reportée et ne devrait pas intervenir avant le mois de septembre prochain. Les discussions sociales restent en cours et la direction espère encore parvenir à un compromis pour faciliter la transition vers ce nouveau modèle de travail hybride.
Un changement symbolique dans la stratégie du groupe
Au-delà des aspects techniques, cette évolution traduit un repositionnement de Société générale sur sa vision du travail. Le groupe semble vouloir revenir à une présence plus importante sur site, synonyme, pour la direction, de cohésion, d’efficacité collective et de proximité managériale.
Toutefois, cette orientation suscite des interrogations, dans un contexte où de nombreuses entreprises du secteur financier poursuivent au contraire une politique de télétravail relativement flexible. Pour les salariés concernés, la perspective d’un retour plus massif en présentiel risque de modifier en profondeur les équilibres instaurés ces dernières années.