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Vie au travail : pourquoi le télétravail reste solidement ancré dans le secteur de l’assurance

  • 25 févr.
  • 3 min de lecture
télétravail finengy advisory

Selon les résultats d’une enquête menée auprès d’acteurs du marché assurantiel, 74 % des entreprises interrogées ont choisi de conserver leurs accords actuels en matière de télétravail.

L’annonce faite le 15 septembre dernier par Stéphane Dessirier, directeur général de la MACSF, avait surpris le secteur : il déclarait vouloir « réduire légèrement » le télétravail au sein de la mutuelle dédiée aux professionnels de santé. Aucun autre acteur n’avait jusqu’ici assumé publiquement un tel virage. Pour savoir si cette évolution allait être suivie par d’autres entreprises, L’Argus a sollicité près de quarante acteurs du marché. Sur ces sollicitations, trente et une compagnies – assureurs, mutuelles, courtiers, bancassureurs et organismes de protection sociale – ont répondu.

Le résultat est clair : une très large majorité (74 %) maintient pour l’instant les dispositifs en vigueur. À la Macif, par exemple, l’accord de télétravail a été conclu durant la crise sanitaire et demeure valable sans limite de durée. « Ce texte est pérenne et il n’est pas prévu d’y toucher », explique le groupe, qui estime avoir trouvé un équilibre satisfaisant entre flexibilité pour les salariés et performance globale.

Le modèle dominant : trois jours en présentiel, deux en télétravail

La tendance générale est plutôt stable, et un schéma s’impose : trois jours sur site et deux en télétravail chaque semaine. « Malgré les demandes répétées des organisations syndicales, nous avons choisi de ne pas augmenter le nombre de jours télétravaillés, afin d’éviter un affaiblissement des collectifs de travail », indique Claire Silva, membre du comité exécutif d’AG2R La Mondiale, en charge des ressources humaines. Une position partagée par Bernard de Laportalière, DRH chez Verlingue, pour qui « la présence physique doit rester le repère central ».

Derrière cette apparente stabilité, les pratiques restent toutefois variées. Dans beaucoup d’entreprises, la flexibilité prime, avec des modalités de télétravail régulières, hybrides ou occasionnelles. Allianz France a décidé de simplifier ses règles : désormais, tous les salariés éligibles bénéficient de trois jours de télétravail par semaine, mettant fin à la coexistence de rythmes différents selon les équipes. Ce choix demeure minoritaire : seuls 13 % des acteurs interrogés ont opté pour un élargissement des possibilités de télétravail.

Renforcer la cohésion des équipes : le principal argument pour réduire le télétravail

Pour le moment, la position adoptée par la MACSF reste marginale. Seuls Aréas Assurances, Klesia et Groupama Loire Bretagne ont également décidé de réduire le télétravail. Tous avancent la même justification : ce ne sont pas les résultats ou la productivité qui posent problème, mais les effets humains. « Le télétravail a fini par isoler certains collaborateurs et compliqué le management à distance », souligne Jean de Villèle, DRH de Klesia, qui a limité le télétravail des directeurs à un jour par semaine.L’objectif, pour ces entreprises, est de « renforcer la cohésion des équipes et l’attachement à la culture d’entreprise », résume Olivier Dumarty, DRH de Groupama Loire Bretagne.

Une réflexion qui pourrait s’élargir dans les prochaines années

Bien que minoritaire pour l’instant, ce mouvement commence à susciter des interrogations. Chez Malakoff Humanis, l’accord actuel court jusqu’à fin 2027, mais une renégociation n’est pas exclue. Le directeur général adjoint, Olivier Ruthardt, explique que la future position reposera sur l’analyse de l’expérience des salariés et devra concilier la qualité des relations internes et externes avec l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.Même ton chez Axa France, où la question du présentiel pourrait également être réévaluée à l’échéance de l’accord en vigueur, également fixée à fin 2027. « De nombreux facteurs entrent en jeu : le bien-être des collaborateurs, l’attractivité des recrutements, l’intégration dans la vie d’équipe. Nous en discuterons avec les partenaires sociaux le moment venu », explique Mathieu Godart, directeur général d’Axa France.
 
 
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